Deux pompiers professionnels ont perdu la vie mardi 21 juillet, piégés dans un incendie aux abords de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Ce drame fait suite à un début de saison harassant pour les soldats du feu, mis à l'épreuve par la multiplication des terrains d'intervention aux quatre coins du pays.
Des pompiers en intervention aux abords de Nantes, le 20 juillet 2026 (illustration) ( AFP / SEBASTIEN SALOM-GOMIS )
"Ce qu'on vit, c'est juste le début de ce qui nous a été annoncé". Au lendemain de la mort de deux pompiers professionnels en intervention mardi en Gironde, des syndicats dénoncent un manque d'effectifs et alertent sur l'état de fatigue de troupes éprouvées par les multiples incendies d'une saison de feux démarrée "très tôt".
Les deux hommes, rattachés au centre de secours de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), ont été piégés dans leur camion par un feu de pins "très virulent" aux abords de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans des circonstances qui restent à préciser. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui avait annoncé leur décès à l'Assemblée nationale mardi, vient rencontrer leurs collègues mercredi en fin de journée.
"Le problème de fond des moyens n'est pas traité"
Le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi, pointe une situation de "tensions permanentes" face à la "surcharge opérationnelle" des sapeurs-pompiers. "À chaque fois qu'il y a des morts, il y a des hommages, mais le problème de fond des moyens n'est pas traité", déplore Sandy Leroy, délégué CGT du Sdis des Landes, qui craint que cette saison de feux "démarrée très tôt" ne se solde par "d'autres drames". "On parle beaucoup de matériel mais les plus grosses difficultés sont sur les ressources humaines", renchérit Bruno Ménard, porte-parole national du syndicat des pompiers volontaires, qui représentent 80% des effectifs.
"Certains sont lessivés, ils sont envoyés en renfort d'un département à l'autre, dorment sur des lits picots entre les camions dans un hangar. Voire, entre deux interventions, repartent travailler chez leur employeur", ajoute-t-il.
Dans la Vienne, Delphine Renaud, secrétaire générale CGT du Sdis 86, se dit "inquiète" pour la suite de l'été, alors que le syndicat alerte "depuis des années" sur le manque de moyens dans ce département de Nouvelle-Aquitaine. Sur la première quinzaine de juillet, 300 hectares y ont brûlé et les pompiers sont intervenus à 115 reprises, du jamais-vu.
Elle déplore un manque d'anticipation face à l'impact du changement climatique. "Ce qu'on vit, c'est juste le début de ce qui nous a été annoncé. Il y a de l'épuisement, on prend de plus en plus de risques en pariant sur le facteur chance." Plus de 42.000 hectares ont brûlé en France entre janvier et mi-juillet, dépassant le précédent record de 2022, selon les données satellitaires du système européen Effis. Le 8 juillet, un sapeur-pompier volontaire de 22 ans avait déjà été tué lors d'une intervention en Savoie.
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